Visions: le jour après s'être perdus.


    Dans cette série diaphane où se mélangent portraits et paysages d’enfance de l’artiste, le regardeur entre directement dans un rapport sensuel et physique à la photographie. 

Au premier regard l’image semble noire, on ne distingue rien : il faut alors s’approcher, puis toucher (chauffer) pour voir. Au contact de la chaleur l’image se révèle alors puis disparaît à nouveau doucement dans l’ombre. Ainsi, Charlotte Mano nous invite à révéler à sa place un intime difficile à montrer pour elle : sa famille qu’elle aveugle volontairement par pudeur, pour mieux la photographier, puis qu’elle recouvre de cette substance révélatrice noire.

Les paysages qui accompagnent ces visages sont comme un état des lieux de souvenirs perdus : ils semblent irréels, déserts, lointains, énigmatiques. Le regardeur a un rôle central dans l’expérience photographique puisqu’il en devient acteur et décide de révéler ou non l’univers fragile de la photographe.

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